Peinture & Ecriture

Duo de bateaux

Duo de bateaux - Peinture & Ecriture "Il faut commencer par éprouver ce qu'on veut exprimer
Vincent Van Gogh"
Duo de bateaux
de Josiane Bisson
Huile sur toile 20x60
(Prix de vente 305€)

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Extrait de mon recueil de nouvelles

J'ai encore rêvé de lui


Le chagrin n'est plus, la douleur a enfin quitté ma poitrine et mon estomac. Seuls, subsistent les souvenirs, les images qui viennent parfois hanter mon sommeil. Que faire contre ces petits films nocturnes que notre cerveau se passe et se repasse sans cesse, laissant au matin, le goût amer de l'être perdu.

Il y a juste trois ans. Cet été-là, j’étais loin de me douter que la vie allait m'offrir, peut-être pas la plus belle, mais une de mes plus belles histoires. Mon petit-fils Théo passait quelques jours de vacances avec moi et à cet âge, la sieste occupait encore une grande partie de ses après-midi. Siestes durant lesquelles l'ennui s'invitait dans la maison. Sans ses rires, je me sentais bien seule. Quelques jours auparavant, justement à l'heure de son repos, je pianotais sur mon clavier et succombais à la tentation d'une inscription sur un site de rencontres conviviales. Rien de tel pour passer une ou deux heures dans un silence absolu, tout en gardant l'oreille aux aguets.

Trois clics et les premiers échanges arrivèrent. Sans conviction, je répondais aux messages adressés. Quel plaisir que ce sentiment d'être attendue du monde entier. Mon ego était à son comble. Ces messieurs affirment tous que vous êtes exactement la femme qu'ils espéraient. Mais, je n'étais pas dupe, moi, personne ne pouvait me manipuler, je ne faisais pas partie du clan des perruches qui pensent que le grand amour est pour demain. Mes cinquante-deux printemps m'avaient ouvert les yeux sur la gent masculine. Il n'était donc pas né celui qui franchirait la muraille de Chine dressée autour de ma petite personne. L'aventure sur le web fut brève mais sympathique et porteuse d'éclats de rires.

Les vacances défilèrent sans grands changements. Les journées se ponctuaient de sorties avec mon petit-fils, de jeux, de repas partagés dans la joie, sans la pression des parents toujours à l'affût du moindre manquement à une bonne éducation.

Ayant totalement oublié ma démarche des jours précédents, cet après-midi-là j'allumais mon ordinateur pour prendre connaissance de mes mails. J'avais reçu un message. Encore un esseulé qui passait son temps sur la toile en s'inventant quelques personnages. Curiosité certainement, hasard peut-être, présage sans doute, je ne sais pourquoi, j'allais prendre connaissance du profil de l'individu. Plutôt beau garçon, une particularité attira mon attention. Il portait une combinaison de plongée. La vie est bizarre, quel hasard ce plongeur sur le net, c'était tout à fait étonnant pour moi qui travaillait, depuis fort longtemps, pour un magazine consacré à la mer et à toutes ses activités subaquatiques. C'est donc sur cette discipline sportive que les premiers échanges eurent lieu. Une écriture agréable, bondée de fautes de français, fautes immédiatement pardonnées, car, le monsieur était Italien et s'embrouillait, à merveille, dans l'emploi des féminins et des masculins, ce qui me fit beaucoup rire.

Nos échanges de correspondances durèrent quelques jours. Chargés d'humour, de plaisanteries, d'anecdotes, nous n'avions, ni l'un, ni l'autre, envie d'interrompre notre dialogue de plume.

Ce vendredi 27 n'était pas un jour comme les autres. J'étais le témoin du mariage d'une de mes amies. Vers quinze heures la jeune mariée vint me rejoindre pour s'apprêter avant l'événement. Dès son arrivée, je la pris dans mes bras laissant éclater des larmes qui ne se justifiaient pas. J'étais, tout à la fois, envieuse et inquiète pour elle. Je fis couler le dernier bain de son célibat et durant sa relaxation, je décidais d'envoyer un message à mon charmant virtuel. Je fis le grand saut en lui confiant mon numéro de téléphone. J'eus ce semblant de courage sachant que mon portable serait coupé durant toute la cérémonie. Je redoutais ce premier appel. Ce fut ma première erreur.

Une très belle cérémonie, chargée d'émotion et de joie. Il faut dire que Nicole faisait un très beau mariage. Un homme délicieux, attentionné, calme, aimant, un être dont elle ne pouvait point douter.

Les festivités battaient leur plein. Mets de choix, danses, larmes et éclats de rires, le véritable cocktail de la réussite. Au cœur de la soirée je m'éclipsais pour renouer avec mon téléphone portable. Dans le parc, sous un ciel étoilé, une agréable fraîcheur vint apaiser la légère ivresse de la nuit. La musique se distinguait encore, mais de manière plus discrète, quelques voix raisonnaient au loin quand j'entendis :

« Vous avez un nouveau message »

Hésitante, mais arborant un léger sourire, j'interrogeais ma messagerie. Ce fut ma deuxième erreur.

Il avait osé ! il avait téléphoné ! Sa voix était douce, presque craintive, les phrases entrecoupées de blancs laissaient deviner une certaine timidité. Ce n'était pas une voix mais un bel canto. Je crois avoir écouté le message au moins trois ou quatre fois, juste pour le plaisir d'entendre cet accent latin qui me fascinait. Le message, quant à lui, était plutôt banal. Normal, pour un premier appel, que dire à une inconnue. Il avait eu le courage de le faire et c'était tout ce qui importait.

Elle était mariée, je restais célibataire.

Le lendemain, je repris contact avec le courageux et les jours qui suivirent, furent un enchantement. Lot de surprises, échanges téléphoniques, mails, SMS toujours plus drôles les uns que les autres... l'alchimie opérait. Mon internaute affichait une forte volonté à me séduire. Me séduire, moi ! Il était loin de se douter que depuis dix-huit ans bien des hommes s'y étaient aventurés, sans qu'aucun n'ait gagné à ce jeu hasardeux. Certains y avaient même laissé quelques plumes. Notre « signore » se mettait donc en danger, sans le savoir et je prenais un malin plaisir à le laisser outrepasser les limites du divertissement. C'est le mercredi suivant que ma décision fut prise. Il ne pouvait pas se soustraire à ses occupations professionnelles, aussi, je me rendrais jusqu'à lui. Ce fut ma troisième erreur.

Le matin de mon départ pour Sainte Maxime, charmante station balnéaire, où il résidait et exerçait sa profession, je pris la route, riant aux éclats à l'idée de la déception qui m'attendait. Mais, après tout, l'été était fait pour ce genre d'escapade sans lendemain. À deux pas du seuil de mon automne tout m'était permis. Le voyage fut ponctué d'appels, marquant une certaine impatience de sa part et cette exaltation me comblait d'aise. Quinze heures, la voiture franchit le panneau indiquant la fin de mon voyage. Le port, un soleil assommant, un parking pour lieu de rendez-vous, j'avais presque envie de faire demi-tour. Ce que je ne fis pas. Ce fut ma quatrième erreur.

Enfin je l’aperçu. Il était vêtu d’un tee-shirt orange, couleur détestable qui aurait dû me faire fuir, d’un bermuda beige et de tongs... Oui des tongs, personne n'irait à un premier rendez-vous avec des tongs. Mon Roméo n'avait donc fait aucun effort de toilette. Il s'approcha en souriant, ouvrit délicatement la lourde portière de la Volkswagen et prit ma main. Tout en me dévisageant il m'aida à me libérer du véhicule. Dieu que j'étais sotte ! Comment avais-je pu me laisser entraîner aussi loin de chez moi, pour courir à la rencontre d'un homme dont j'ignorais tout. J'allais, c'était certain, m'ennuyer à mourir dans les minutes à venir. J'étais là, je devais donc assumer mon erreur. Après tout, quelques jours au bord de la mer me feraient le plus grand bien.

Notre internaute se conduisit de manière très courtoise, m'invitant à me rafraîchir, me racontant une grande partie de sa vie, le tout dans son éternelle tonalité chantonnante, digue des plus grands ténors de la botte. Il me présenta immédiatement à son cercle d'amis. Ce qui me flatta. Je surpris quelques regards féminins interrogatifs et envieux, mais n'y prêta pas une réelle attention. Premier verre en terrasse, première balade, première question, premier baiser volé, premier dîner chez des amis et première nuit plutôt anodine.

Le lendemain, dès huit heures, il me quittait pour rejoindre un groupe de stagiaires venu découvrir les fonds sous-marins. Presque heureuse de me retrouver seule, j'avais tout mon temps pour me préparer, flâner, découvrir le lieu et naturellement me faire désirer. Je devais le rejoindre sur le port. Je me préparais, tranquillement, pour apparaître simple, mais désirable. Mes chaussures !!!!! non ce n'était pas possible, il me fallait trouver les chaussures adaptées à la circonstance. Je n'étais plus à Toulouse mais à Sainte Maxime, or ici, tout le monde portait des tongs. Des tongs ? Je détestais marcher à plat. Je pris la direction du centre ville en souriant béatement. Cette nuit ne resterait certainement pas inscrite au plus profond de ma mémoire, pourtant j'avais une envie folle de séduire cet homme. Il était pour moi un challenge. Quel challenge, je n'en savais rien.

L'été, le soleil, les vacances, le dépaysement rendent le badaud agréable, enjoué, calme et gracieux. Même l'automobiliste devient attentif aux piétons ne manquant pas de s'arrêter au moindre signe d'un changement de trottoir. Ma vie était transformée, il me semblait que les passants me souriraient.

Une place, une rue traversée, un ou deux magasins de gadgets tropéziens et me voilà enfin parée d'une paire de tongs dont les lanières, recouvertes de strass, étincelaient au soleil. Une star, je me sentais une véritable star.

Mes chaussures flamboyantes aux pieds, j'approchais du port. À l'heure du zénith, les terrasses commençaient à se remplir et les premiers bateaux rentraient à quais.

Le Zodiac arriva. À peine abordé, il bondit du bateau, abandonnant les stagiaires, à peine remis de leurs émotions, pour accourir vers moi et m'embrasser. C'est à cet instant précis que mon cœur a flanché. Cupidon venait de frapper. Vingt-quatre heures avaient suffi pour me mettre en péril. Pourtant, je ne renonçais pas à me battre contre ce Casanova improvisé.

Le lendemain fut plus terrible encore. Je rêvais, depuis de nombreuses années, de plonger sans jamais avoir osé, peur du ridicule sans doute. Il me proposa de m’accompagner dans ce baptême. L'homme prit aussitôt des allures de héros. C'est pourtant grâce à Jules, le capitaine du bateau, que j'allais enfin découvrir le monde du silence, monde qui est tout sauf silencieux. Marcello avait pour cette occasion oublié son titre d'instructeur de haut niveau, pour se transformer en simple moniteur, le temps du petit baptême anodin d'une citadine.

Tout l'équipage le taquinait, prenant des photos et menaçant de les publier sur internet. Pour séduire, « Le Grand Marcello », avait revêtu la simple combinaison des premières plongées. Il riait de lui-même. Pourriez-vous imaginer Jacques Mayol pataugeant dans une baignoire avec vingt centimètres d'eau et un tuba ? Ridicule, n'est-ce pas ! Marcello eut le courage d'affronter le grotesque et j'ai vécu cet instant comme un privilège. Je pris conscience de sa notoriété. En plus d'être charmant, plutôt intelligent et très bel homme, il avait acquis mon admiration. Ce qui me fut fatale.

Dans le groupe des baptisés il y avait des enfants et je ne pouvais plus reculer. Il me fallait maintenant surmonter ma peur. Au moment de plonger la panique s'empara de moi. Je le cherchais des yeux, mais il ne bougea pas, il me regarda, sans comprendre et ne fit aucun geste. Le « grand » avait perdu toute sa pédagogie, bien trop habitué à ne plonger qu'avec des professionnels. Alors une petite Josiane perdue à quelques lieux des plages de la Méditerranée le laissait sans réaction. Heureusement Jules était là. Il m'ordonna, d'un ton sec de rejoindre l'échelle du bateau.

« Ne regarde pas Marcello, regarde-moi et ne regarde que moi. Tu vas doucement plonger ton masque sous l'eau, tu vas commencer à respirer calmement, tu vas m'écouter. Voilà, tu m'entends, respire et écoute-moi. Oublie le reste du monde, il n'y a plus que toi et moi, les autres n'existent plus ». Ce que je fis.

Merci Jules, ma peur s'est estompée en quelques secondes. Dans un mouvement de reins, j'ai plongé pour rejoindre Marcello. Ce fut magique, plus d'appréhension, je respirais et j’accomplissais mon rêve. Enfin je plongeais et enfin j'étais amoureuse. Il m'est impossible de vous décrire mon ressenti. J'étais dans un rêve. C'est sans doute un de mes plus beaux souvenirs. J'évoluais, sans aucune difficulté, dans les eaux de la grande bleue, rien ne pouvait m'arriver, il était là auprès de moi. Beaucoup trop légère pour la ceinture lestée qui m'avait été prêtée, Marcello n'avait de cesse de redresser mon corps afin qu'il ne tourne pas sur lui-même. Nos mains entrecroisées, caresses et sentiments exultèrent. Une seconde vie commençait.

Je ne voulais plus regagner la surface et il fallut à Marcello un peu d'autorité pour me faire rejoindre le bateau.

Comme pour tous les plongeurs, ma remontée ne fut pas vraiment héroïque. Dégoulinante, les sinus dilatés, laissant échapper toute l'eau accumulée, j'étais bien loin des critères de la femme fatale arrivant sur le port avec ses chaussures de star. C'est pourtant avec tendresse qu'il m'entoura d'un drap d'éponge et me prit dans ses bras tout en me susurrant de tendres paroles vénitiennes. Je baignais dans le grand bonheur. Je venais d'accomplir, ce qui, pour moi, ressemblait à un exploit, j'étais accompagnée d'un homme merveilleux qui me prouvait combien il tenait à moi. La vie m'offrait un véritable cadeau.

Le lendemain, je devais accompagner Marcello sur le bateau où trois plongeurs l'attendaient pour une « profonde ». Jules, comme toujours, était au rendez-vous pour la sécurité. Une jeune femme prit place parmi nous, venant soutenir, pour la première fois, son jeune fiancé dans sa descente vertigineuse. Sur le bateau le silence et la concentration régnaient. Nous étions loin des éclats de rire de la veille, l'ambiance devenait lourde, presque angoissante. Ils s'apprêtaient à descendre là où le monde devient terriblement hostile, là où la moindre erreur peut-être fatale. Après la check-list énoncée par Marcello, les plongeurs se mirent à l'eau, avec comme anges gardiens leur recycleur et leur instructeur. Nous sommes restées toutes les deux scrutant les eaux turquoises, sous l'œil attentif de Jules. J'appris, bien vite, que ce couple venait de se former et elle tremblait à l'idée de le laisser plonger. Elle se mis à pleurer. J'essayais de la réconforter en jouant les habituées. Quelques phrases rassurantes firent revenir son sourire. J’ai lu dans ses yeux qu’à cet instant Madame Cousteau faisait figure de jeune première à côté de moi. Pourtant, moi aussi j'avais peur pour lui et mon cœur s'emballait. Je surveillais la moindre expression d'alerte sur le visage de Jules.

Après plus d'une heure de plongée, nous avons assisté à la remontée de nos quatre héros. Chacune cherchant, lors des paliers, à apercevoir la couleur de la combinaison de son brave. Un dernier palier et ils seraient de retour sur l'embarcation. Un à un les plongeurs émergèrent. Marcello fit surface le dernier. Derrière son masque, j'aperçus ses yeux qui me cherchaient. Lorsque son regard croisa le mien, un sourire s'afficha sur son visage et je compris qu'il était bien trop tard pour moi, j'étais éperdument amoureuse de cet homme.

Le reste du séjour fut un pur délice de complicité amoureuse, de tendresse, de sexualité accomplie et d'échanges. Le beau transalpin me fit même le privilège d'une larme la veille de mon départ. C'est, dans cette douce extase, que je quittais la côte méditerranéenne pour rejoindre ma ville rose.

Les semaines passèrent et nos échanges devenaient de plus en plus intenses et brûlants. Suivirent les séparations. L'Italie, New-York, le Groenland, l'Islande, l'Australie... et j'en passe, voilà tout ce qui m'attendait. Notre instructeur vivait avec un billet d'avion dans une poche et son bagage toujours prêt. Je n'avais pas compris, lors de mon échappée tropézienne, que sa maîtresse, la seule, l'unique, était la mer. Pauvre petite toulousaine crédule, tu pouvais bien t'évertuer, lors de ses courts passages dans la capitale de la violette, à le distraire dans les eaux de Calicéo, l'océan et ses habitants lui manqueraient toujours. Tu n'étais ni un dauphin, encore moins une sirène. Ton sort était donc maintenant d'attendre que le grand, l'immense, Marcello, daigne jeter un regard sur toi.

C'est ce que je fis. J'ai attendu, attendu en écoutant la chanson de Barbara « dis, quand reviendras-tu » Comme elle j'ai attendu, comme elle je me suis voulue forte, comme elle j'ai menacé, comme elle j'ai péri. Oh mon amour immense, combien je t'ai aimé et combien tu m'as fait souffrir sans le vouloir réellement. Je n'étais plus moi-même, je perdais toute personnalité, je m'étiolais, je pleurais plus que de raison. J'ai perdu bien vite mon éclat. En quelques semaines à peine, je suis devenue vieille, laide et totalement stupide. Tu avais tout simplement réussi à briser la forteresse que je dressais autour de moi depuis plus de dix-huit ans. Les mois qui suivirent notre rencontre m'ont confirmé que je t'aimais bien plus que tu ne m'aimais. Il fallait que tu redescendes du piédestal sur lequel je t'avais installé. Mon admiration pour toi n'a fait que précipiter ma longue descente aux enfers, sans même l'espoir d'une simple gueuse pour me remonter à la surface et sortir enfin la tête de l'eau.

Mesdames les sirènes, aujourd'hui je suis sortie de sa vie et je vous le laisse, en espérant que vous ferez bien mieux que moi.

J'ai réussi, un soir de décembre, à mettre un terme à cette passion dévorante qui me détruisait jour après jour.
J'ai pris l'ultime décision tout en hurlant de chagrin. Je l'ai quitté.
J'ai quitté l'homme que j'aimais en priant pour qu'il me revienne.
Ayant perdu son admiratrice, notre chat a bien fait quelques timides tentatives pour savoir si la souris était encore vivante.

Deux mois plus tard, le 14 février, cette date vous parle Mesdames... j'ai reçu un SMS de lui : « Ti voglio bene... »
J'ai lutté pour ne pas courir et retomber dans ses bras.

Trois ans, c'est le temps qu'il m'a fallu pour me relever, si encore je suis réellement debout.

Demain c'est son anniversaire.

J.B

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